Relativiser

Il est très courant que mes patients me disent qu’il ne parviennent pas à relativiser ou que cela ne sert à rien.

J’ai constaté que cela était surtout en rapport avec le fait que la plupart des personnes ne savent pas réellement en quoi consiste le fait de relativiser.

Souvent, les personnes imaginent que relativiser consiste à utiliser la comparaison.

Comme dans un système quantitatif, ces personnes cherchent à comparer leur situation avec celle d’autres personnes. Souvent l’objectif de cette comparaison est de constater qu’il existe dans le monde des personnes qui vivent une situation pire que la notre. Par exemple : » regarde, les Africains sont plus pauvres que nous, tu as de la chance d’avoir un toit ».

Effectivement, je reconnais que prendre conscience qu’il existe des situations pires que la nôtre peut nous aider à apprendre le contentement. Ce qui est fondamental pour l’existence.

Cependant, cela ne suffit pas la plupart du temps à apaiser nos émotions.

Relativiser, c’est augmenter le nombre de facteurs et de critères qui sont pris en compte dans l’analyse d’une situation.

Lorsque vous analysez une situation, vous ne focalisez votre attention que sur certains critères (les critères sont les déterminants d’une situation) de cette situation ou uniquement sur certains facteurs (les facteurs ont une influence sur la situation).

On utilise l’expression « avoir la tête dans le guidon » pour illustrer cette manière d’analyser.

Comme un peintre qui peint une grande toile mais qui a besoin d’être près de sa toile pour appliquer la peinture, et qui ne voit qu’une partie de son oeuvre.

Pour relativiser, on commence par prendre du recul. C’est-à-dire chercher à constater d’autres facteurs ou d’autres critères.

Pour cela on change de référentiel :

Voici un exemple de référentiel : la taille de la planète Terre par rapport à la Voie lactée est équivalente à la taille d’un microbe par rapport aux Etats Unis.

Dans ce référentiel, je vous invite inconsciemment à vous rendre compte que la planète est toute petite par rapport à la voie lactée.

Ce n’est pas pour ça qu’il est facile d’en faire le tour à pied.

Changer de référentiel facilite le fait de trouver d’autres critères ou facteurs.
Cependant, pour trouver d’autres facteurs ou d’autres critères, il faut chercher !

Parce quand on cherche, on finit par trouver.

Et le but, c’est trouver.

Si vous ne trouvez pas, c’est que vous ne cherchez pas assez.

Une fois que le nombre de critères s’agrandit, ceux sur lesquels vous étiez focalisés diminuent en proportion.

Si vous regardez une fourmi à la loupe, elle vous semble énorme et occupe tout votre champ visuel. Si vous regardez votre jardin, la fourmi vous semble minuscule.

La fourmi n’est ni grande ni petite,tout dépend du référentiel qui lui est attaché. Si on attache comme référentiel un jardin, la fourmi est forcément petite.

Ceci fonctionne très bien avec les personnes qui ont peur des araignées. A les écouter, ces personnes ont croisé des araignées aussi grandes que celles que l’on trouve en Amazonie, alors que ces personnes se trouvaient dans leur jardin en France.

La focalisation crée un effet loupe.

Prendre du recul crée l’effet inverse.

Relativiser commence par prendre du recul, donc changer de référentiel.

Mais ce n’est que la prise de conscience de nouveaux facteurs jusqu’ici ignorés ou volontairement mis de côté, qui vous laisse l’opportunité de les inclure dans votre vue d’ensemble de la situation.


Dans ce dessin, la figure de gauche représente la situation analysée avec focalisation et la figure de droite représente la situation vue avec du recul et lorsque l’on pris conscience de tous les autres facteurs et critères qui la composent.

Relativiser consiste à passer de la figure de gauche à celle de droite, d’abord en prenant du recul sur la situation et ensuite en prenant conscience.

Cela a un véritable effet sur votre émotion puisque la taille des critères et facteurs que vous analysiez diminue en proportion, et donc en conséquence, l’importance que vous lui accordiez.

Et lorsque l’importance diminue, le niveau d’intensité de l’émotion que vous ressentez diminue aussi.

En général, quand on correctement fait le processus qui consiste à relativiser, on finit par dire : « au final, avec du recul, c’est pas si grave. »

Et parfois on se met à en rire.


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